dimanche 15 mai 2016

70. VAHE ZARTARIAN- MARTINE CASTELLO : Nos pensées créent le monde





Le monde moderne s'est bâti au fil du temps sur des faits concrets :
découverte de la rotondité de la Terre,
 premiers voyages vers l'Amérique, dissection du corps humain,
utilisation des premiers télescopes et microscopes, invention de l'imprimerie, etc.
En apparence, le matérialisme a triomphé avec ces percées essentielles
qui n'ont pu se réaliser sans l'émergence d'une métaphysique inédite
 dont Descartes a été le principal instigateur.
 Avec lui, l'univers, l'homme, la vie même étaient réduits à des machines.
 Nous vivons aujourd'hui la mort de cette modernité.
La science mécaniste a atteint ses limites, notamment en physique.
La biosphère semble ne plus accepter une expansion industrielle anarchique.
Quant à l'éthique matérialiste, elle s'escrime vainement à canaliser
 des flots humains de plus en plus incontrôlables.
Sous nos yeux, derrière les turbulences d'un vieux monde en perdition,
 un nouveau est en train de naître.
À son tour, il se fonde sur des faits concrets :
découverte du continuum espace-temps,
démonstration de la nature essentiellement indéterminée de la matière,
voyage dans l'espace, décryptage du génome,
émergence de l'informatique
et de modes de communications révolutionnaires, etc.
 Ce monde nouveau ne pourra pas, tout comme l'ancien,
émerger sans une métaphysique radicalement neuve.
Quelle est la nature de la réalité ?
Que connaissons-nous vraiment de l'univers dans lequel nous évoluons ?
 De quelles façons pouvons-nous agir sur le monde ?
 Autant de questions auxquelles il va falloir répondre
et que ce livre aborde avec un esprit radicalement neuf.
.



autre vidéo ICI.
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Un livre passionnant,
parfois un peu difficile d'accès...
(écrit par un scientifique !)
mais qui pose les bonnes questions,
qui tente des réponses...
et qui peut, si vous acceptez
de bousculer vos idées reçues...
vous ouvrir de tout nouveaux horizons...
Si nos pensées modifient le monde...
alors, TOUT est possible, TOUT !

A lire, absolument...
Lecture disponible gratuitement ICI
 .
La Licorne
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70. CITATIONS CHOISIES



Le chemin
Une dernière remarque.
Nous savons qu'il n'y a rien d'autre que du présent,
 et qu'il n'y aura jamais rien d'autre.
Par conséquent la véritable valeur d'un projet n'est pas
 dans son accomplissement comme résultat,
mais dans son accomplissement comme processus,
 autrement dit dans le chemin qu'il oblige à ouvrir et à parcourir.

 Car nous sommes toujours en chemin ;
il n'y a pas de point final, seulement des haltes temporaires
pour un repos qui n'est que préparation à un nouveau mouvement.
 Et ce qui vaut pour les individus vaut aussi pour la société :
seul compte le chemin.

La tâche d'ouvrir ce chemin est ô combien exaltante.
 Mais il faut avoir bien conscience qu'elle recèle d'incroyables difficultés,
 car il s'agit d'avancer sur le fil d'un rasoir entre deux abîmes.

 D'un côté celui où nous précipiterait l'inaction,
l'abîme de la désagrégation, qu'il ne faut pas forcément concevoir
comme une apocalypse (nucléaire, biologique, climatique, ou autre).
 Car entre d'une part la grande inertie du système économico-social actuel,
 et d'autre part la très grande faculté d'adaptation de l'homme,
 les choses se feront progressivement, si progressivement peut-être
 que les ruptures ne seront guère perceptibles.
Le climat évoluera lentement, l'environnement se dégradera de plus en plus,  
de nouvelles maladies se propageront, les économies se désorganiseront, etc,
 mais à tout cela l'homme s'adaptera au jour le jour.
Seulement, dans ce contexte de déclin de la civilisation,
cette adaptation risque fort d'être une régression,
 qui verrait la résurgence de tant de comportements néfastes.
 Précisons encore que si chacun se contente de cultiver dans son coin son jardin,
 de se faire un joli sam-suffit, cela ne résoudra rien car tout est lié.

Quant à l'autre côté du fil du rasoir, c'est un abîme où nous précipiterait
un excès de zèle et de prosélytisme.
Nous le savons bien, l'enfer est pavé de bonnes intentions.
Prudence donc avant de généraliser à l'humanité
 des modèles qui n'ont pas été éprouvés.
Et n'en déplaise à monsieur Rousseau et à quelques uns de ses suivants
 qui ont fait bien du mal à leurs semblables,
 il est tout à fait stupide de vouloir forcer les hommes à être libre et heureux !
 D'abord on ne sait même pas ce que ces mots veulent dire,
 ensuite toutes les expériences faites en ce sens montrent que ça ne marche pas,
 et enfin cela attise les rancoeurs, et pollue un astral qui l'est déjà passablement.

Entre ces deux abîmes, tout est possible
parce que notre pensée est créatrice de la réalité
 
Vaste programme donc, que nous avons à peine esquissé
dans cet avant-dernier chapitre qui se veut plutôt une porte ouverte.
 Car tout est à repenser et à reconstruire : la physique, la biologie,
la psychologie, l'économie, l'éducation, la médecine,
le travail, le couple, etc.
Ce livre n'est qu'une base de travail.

L'homme et le monde sont évidemment bien plus
 que les mots inscrits sur ces pages.
Nous avons seulement trouvé trois outils.
Notre espoir est qu'ils ne restent pas
   sagement rangés sous la couverture de ce livre
 quand vous l'aurez refermé…
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Vahé Zartarian
"Nos pensées créent le monde"
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vendredi 22 avril 2016

69. LILY JATTIOT : Sagesse du Féminin

 
 
 
Notre monde occidental, celui de la technologie et de la logique rationnelle,
dans la ligne des valeurs patriarcales, a dévalorisé le coeur,
 le sentiment, l'émotion rangés dans la catégorie de l'irrationnel archaïque.
Il a ce faisant donné la suprématie à l'intelligence de type masculin
qui recherche des résultats, au détriment
de l'intelligence de type féminin qui recherche des liens.

En effet outre l'intelligence logique existe une autre intelligence :
 celle du lien, de la relation, plus contemplative,
 le plus souvent assimilée à l'art, à la poésie...
 Cette forme de sagesse est, pour l’auteure, reliée aux facultés féminines :
savoir entrer en relation sage et habile,
avec les autres,   avec le monde, avec soi-même.

        Contrairement à la logique froide, cette intelligence au féminin
 a choisi de passer par la fiction, l'imagination et la fabulation
pour approcher au plus près la vérité
et épouser  souplement les formes complexes du Réel.
         Le féminin déclassé et refoulé, loin d'avoir disparu,
 s'est réfugié dans l'imaginaire, les contes et les rêves.

Lily Jattiot, avec verve et bonne humeur, mais aussi une grande clarté,
 explore à travers des contes,  les Mille et une Nuits,
et Les Trois Plus Belles Pêches de Mai (conte d'origine bretonne),
 puis avec des rêves nocturnes authentiques, la grande sagesse de vie,
 la profondeur et la vérité pleine de saveur et d'humour qui parlent en sourdine.

        En confondant le masculin avec l'homme et le féminin avec la femme,
 notre monde simpliste mutile les deux.
 Redonner aux valeurs et à la sagesse féminines leur pleine place,
 retrouver le jeu et la joie sans raison, peut nous sortir de l'impasse.

        Le chemin proposé est alors de retrouver en nous un autre accès à la vérité :
d'ouvrir la porte à la réalité telle qu'elle est,
 pour l'accueillir et la vivre pleinement.
Ce livre sage et souple, se déguste comme une savoureuse histoire
 qui nous réconcilie avec nous même et avec les autres.
      
 

 
 
 Vidéo ICI, sur Phytospiritualité.
 
 

69. CITATIONS CHOISIES

 
Contrairement à la logique froide, qui depuis le Siècle des Lumières
et l'invention de la science moderne s'est séparée du cœur incertain
 et a dépeuplé le monde des esprits,
l'intelligence au féminin a choisi de passer par la fiction,
l'imagination et la fabulation pour approcher au plus près la vérité.
 
Ainsi, elle épouse souplement les formes complexes du Réel pour les sentir, 
 les toucher, les mémoriser, les anticiper, les chanter, les enchanter.
Elle est naturellement dans le Tao.
Elle danse la vie.
 
Avec son expérience, elle en pressent le mouvement,
 saisit d'où elle vient et où elle va,
et l'on nomme souvent cette étrange faculté intuition.
Cette intelligence-là ne pense pas
 que le plus court chemin entre deux points soit la ligne droite,
 elle coule et se coule, elle vaque, elle serpente;
aucun détour ne lui échappe, aucune particularité ne la déroute.
 
Elle pense en même temps le tout et la partie, elle patiente et prend son temps ;
elle n'a pas peur de l'éternité, du recommencement, de la répétition, de l'erreur,
pas plus que du mystère qu'elle laisse exister.
Elle ne craint pas de prendre le chemin des écoliers ;
elle ne s'ennuie jamais car pour elle, tout est toujours nouveau ;
 elle s'est faite disciple de la vie.
 
On comprend aisément qu'elle puisse inquiéter
 la logique masculine et abstraite
qui choisit la distance et l'analyse et ne veut en aucun cas
épouser les obscurités et les incertitudes,
et qui se passionne pour l'efficacité et la certitude.
 
Etrange pertinence de cette intelligence qui n'est efficace
 que lorsqu'elle aime (alors que la logique formelle n'a que faire de l'amour)
et qui déraille, c'est vrai, lorsqu'elle est dans le pouvoir et dans les affres du refus
.
Sa logique travaille avec le paradoxe :  paradoxe du cœur,
 car c'est avec le manque, l'obscurité et le mystère qu'elle fait route.
(...)
 
Jean Ferrat chante inspiré par Aragon : "La femme est l'avenir de l'homme"
Je dirais plutôt que le féminin est l'avenir du masculin (...)
 
Mais le plus souvent, ce féminin salvateur ne se voit pas.
Lorsqu'il est absent du paysage, tout se dessèche,
s'appauvrit et se craquelle, tout se désertifie.
 L'humain livré aux excès ne se ressemble plus, les choses déraillent,
 tout va de travers, un désespoir saisit le cœur.
 On se rend compte qu'il manque quelque chose...mais quoi ?
 
Mais lorsqu'il est présent, ce féminin subtil, sans que l'on voie très bien pourquoi,
 les choses vont bien, "ça roule", comme on dit,
les personnes sont ouvertes et bienveillantes, les communications aisées,
et du coup les difficultés se résolvent les unes après les autres.
Tout devient fluide. les éléments les plus complexes s'harmonisent et se complètent,
 un optimisme tranquille apparaît.
Subtilement, les rouages sont bien huilés et ronronnent.
 
Fabuleux féminin.
Sa langue est poétique, et sa saisie du Réel, inspirée.
Elle a soufflé dans la parole des Prophètes.
Elle fait bon ménage avec le génie.
Même bafouée, trahie, récupérée, prostituée, bannie et calomniée,
elle fait bonne compagnie avec la joie.
Envers et contre tout et surtout dans les lieux et les moments les plus sombres
 (Etty Hillesum prisonnière dans un camp de mort en est témoin)
 au mépris de toute logique, elle célèbre le bonheur d'être vivant.
 
Quel bonheur, quelle délivrance de retrouver la liberté insensée de son cœur !
.
Lily Jattiot
 

jeudi 14 avril 2016

68 - FREDERIC LENOIR , SIMONETTA GREGGIO : Nina



Adrien est un quadragénaire parisien, célibataire et sans enfants. 
Il a perdu le goût de vivre et décide, un soir, de se suicider. 
Il écrit son testament ainsi qu’une dernière lettre destinée à Nina, 
la femme de sa vie, la seule qu’il ait aimée 
d’un amour passionné et inconditionnel.
Nina et Adrien étaient des enfants lorsqu’ils se sont rencontrés. 
Les souvenirs de leurs vacances d’été passées à Ravello, 
le joyau de la côte amalfitaine, 
remontent par vagues à la mémoire de Adrien. 
Repoussant son suicide d’un soir, 
puis d’un autre et encore d’un autre, 
il les met par écrit dans cette longue lettre à Nina, 
qui devient, au fil des nuits, la bouleversante déclaration d’amour 
qu’il n’avait jamais osé faire à la jeune Italienne. 
Adrien avait toujours rêvé de devenir écrivain. 
Il lui aura fallu attendre cet instant ultime pour oser écrire. 
À bout de forces mais apaisé, il avale un mélange de médicaments 
et tombe dans un coma profond. 
Il ne se doute pas que ses mots vont bouleverser plusieurs existences :
 celle de Nina d’abord, mais également celle de tous ceux qui, 
de près ou de loin, vont être touchés par son écriture.
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Un livre profondément émouvant,
touché par une sorte de "grâce"...
un grand cri d'amour !
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Toutes les personnes à qui je l'ai conseillé...
m'ont remerciée !
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68. CITATIONS CHOISIES


J'avais vingt et un ans. 
C'est si près et si loin à la fois.
Je répète cette phrase parce qu'elle est vraie, 
parce que la vie n'est pas une ligne droite, 
et qu'on respire dans ses méandres de manière fragmentée, 
avec des allers-retours, des accélérations insensées 
et des ralentissements qui nous figent pour longtemps.
.
Ce qu'il y a de pire dans le silence de l'autre, pensa t-il, 
c'est qu 'il vous renvoie à vous-même, à vos peurs les plus profondes, 
à vos souffrances les plus inavouées. 
A-t-il rêvé ces regards chargés de promesses ? 
Pour lui, la rencontre de leurs deux âmes était une réalité, 
jusqu'au moment où cette osmose s'est muée en détresse. 
Serait-ce possible qu'il ait vu de l'amour là où il n'y avait que de l'amitié?
.
Frédéric Lenoir - Simonetta Greggio
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lundi 11 avril 2016

67 . C.G. JUNG : L'homme à la découverte de son âme



Enfin à la portée de tout "honnête homme" ; de tout être,
de tout esprit curieux de lui-même, ce chef-d'oeuvre capital, clair,
sans jargon, simple et limpide dans sa langue,
profond dans ses apports, ses découvertes, ses vérités,
devenues aujourd'hui des évidences.
A la fois nouveau bien que déjà classique,
"L'Homme à la découverte de son âme" fut trop longtemps introuvable.
Depuis toujours l'homme se débat, pour le meilleur comme pour le pire,
avec ces plans vivants qu'il sent s'agiter
et palpiter au tréfonds de lui-même
et qu'il a épinglé du nom d'âme.

Rendre accessible ce qui est de l'ordre de l'âme à l'approche expérimentale,
tel fut, faits et preuves en main, le miracle paradoxalement réussi par Jung.
C'est ce lien expérimental à l'inconscient que le génie de Jung
apporta en dot au génie de Freud dans la période de leur compagnonnage.

Les complexes que Jung a mis en évidence,
 ces mélis-mélos, ignorés mais brûlants, de sensations et de besoins,
ces nœuds, inconscients mais contraignants, d'idées, d'émotions
 et d'imaginations sont à l'origine aussi bien du fameux complexe d’œdipe
 que des enregistrements neurophysiologiques les plus modernes.

Ils révèlent, avec les rêves, attestés dans l'histoire sinon justement compris,
la vie profonde, intense, bouleversante souvent, qui se déroule en tout être humain.
Mais comme Einstein l'a souligné, il est, de nos jours,
plus facile de faire exploser un atome que de se libérer d'un complexe !
L'Homme à la découverte de son âme ouvre de nouvelles portes
aux déroulements intérieurs, à l'intériorité
et l'élargit de l'expérimental au divin.
.
Docteur Roland Cahen
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Structure et fonctionnement de l'inconscient

Dans la première partie de ce livre Jung nous explique
combien  «nous dépendons, dans des proportions angoissantes,
d'un fonctionnement ponctuel de notre psychisme inconscient».
Il présente l'inconscient en ces termes :
 «ni concentré, ni intensif, mais crépusculaire jusqu'à l'obscurité,
il y gagne une extension immense et il renferme côte à côte,
de façon paradoxale, les éléments les plus hétérogènes ...».
La conscience, cette précieuse conquête de l'homme,
est «entourée par les abîmes de l'inconscient comme par une mer menaçante».
La méditation sur les rêves, produits spontanés de l'âme inconsciente,
nous offre la possibilité d'ouvrir le dialogue
et de diminuer cette menace qui pèse sur nous.

La deuxième partie nous familiarise avec les fonctions
et les structures du conscient et de l'inconscient.
Les contenus de l'inconscient sont répartis en trois classes :
accessibles, médiatement accessibles, inaccessibles.

La conscience, «épiderme flottant sur l'inconscient
qui s'étend dans les profondeurs»,
utilise certaines fonctions pour s'orienter dans l'espace extérieur :
la sensation, la pensée, l'intuition et le sentiment.
Le moi est défini comme «doté d'un pouvoir, d'une force créatrice,
conquête tardive de l'humanité, que nous appelons volonté».
L'orientation dans l'espace intérieur nous met en contact avec l'ombre
- la partie obscure du moi -, le souvenir, la mémoire,
les affects (colère, tristesse, angoisse), les «irruptions de l'inconscient».
L'introversion et l'extraversion distinguent deux grandes classes d'individus,
selon qu'ils s'orientent habituellement vers le monde intérieur ou le monde extérieur.
L'expérience des associations -  l'expérimentateur invite le sujet
à réagir à chaque mot inducteur aussi rapidement que possible
en prononçant seulement le premier mot qui lui vient à l'esprit -,
montre combien le temps et le type de réaction varient selon le mot induit :
ce sont des indices de complexes.
Le complexe affectif est défini comme «image émotionnelle et vivace
d'une situation psychique arrêtée, image incompatible, en outre,
avec l'attitude et l'atmosphère consciente habituelles ;
elle est douée d'une forte cohésion intérieure, d'une sorte de totalité propre,
et, à un degré relativement élevé, d'autonomie».

La troisième et dernière partie est consacrée aux rêves.
De nombreux exemples nous plongent dans ce monde étrange,
qui s'éclaire au fil des interprétations.
 «Rien n'est obscur à qui comprend ; seule l'incompréhension  fait apparaître
les choses inintelligibles et confuses» nous dit Jung.
Il insiste sur les effets d'une interprétation de rêves qui doit atteindre le cœur,
émouvoir l'être entier, pour le transformer durablement.

Vidéo à regarder
ICI
(non exportable)
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67. CITATIONS CHOISIES


dissimulée dans ce que l'âme a de plus obscur et de plus intime ; 
elle s'ouvre sur cette nuit originelle cosmique qui préfigurait l'âme 
bien avant l'existence de la conscience du moi et qui la perpétuera 
bien au-delà de ce qu'une conscience individuelle aura jamais atteint. 
Car toute conscience du moi est éparse ;
 elle distingue des faits isolés en procédant par séparation, 
extraction et différenciation ; 
seul est perçu ce qui peut entrer en rapport avec le moi. 
La conscience du moi, 
même quand elle effleure les nébuleuses les plus lointaines, 
n'est faite que d'enclaves bien délimitées. 
Toute conscience spécifie.

Par le rêve, en revanche, nous pénétrons dans l'être humain plus profond, 
plus général, plus vrai, plus durable, 
qui plonge encore dans le clair-obscur de la nuit originelle 
où il était un tout et où le Tout était en lui, 
au sein de la nature indifférenciée et impersonnalisée. 
C'est de ces profondeurs, où l'universel s'unifie, que jaillit le rêve, 
revêtirait-il même les apparences les plus puériles, 
les plus grotesques, les plus immorales. 
Il est d"une ingénuité fleurie et d'une véracité 
qui font rougir de honte nos flagorneries autobiographiques. 
Rien d'étonnant donc, à ce que, dans toutes les cultures antiques, 
on ait discerné dans le rêve impressionnant, 
dans le "grand rêve", un message des Dieux. 

Ce devait être un privilège de notre rationalisme d'expliquer le rêve et sa constitution
 par les seuls reliquats de la vie diurne, c'est-à-dire par les miettes 
du plantureux festin de la vie consciente tombée dans les bas-fonds. 
Comme si si ces profondeurs obscures n'étaient qu'un sac vide, 
ne recelant jamais que ce qui y est tombé d'en haut ! 
Pourquoi oublie-t-on toujours qu'il n'y a rien de grand ni de beau 
dans le vaste domaine de la culture humaine qui ne soit dû primitivement 
à une soudaine et heureuse inspiration ? 
Que deviendrait l'humanité si la source des inspirations tarissait ?

Le sac, ce serait bien plutôt au contraire la conscience, 
qui ne contient jamais plus que ce qui vient à l'esprit.
C'est quand la pensée nous fuit et que nous la cherchons en vain 
que nous mesurons combien nous dépendons de nos inspirations. 
Le rêve n'est rien d'autre qu'une inspiration 
qui nous vient de cette âme obscure et unificatrice. 
Qu'y aurait-il de plus naturel, une fois que nous sommes perdus 
dans les détails infinis et dans le labyrinthe de la surface du monde, 
que de nous arrêter au rêve pour y rechercher les points de vue 
susceptibles de nous ramener à nouveau 
à proximité des faits fondamentaux de l'existence humaine ? 

Mais nous nous heurtons ici aux préjugés les mieux enracinés :
 "Songes, mensonges" dit-on, les rêves sont sans réalité, 
ils mentent ou ne sont que des réalisations de désirs ; 
voilà les échappatoires alléguées pour ne pas prendre les rêves au sérieux, 
ce qui serait singulièrement incommode. 
L'audace présomptueuse de la conscience aime le cloisonnement, 
en dépit des inconvénients qu'il suscite ; 
c'est pourquoi on est peu enclin à octroyer 
quelque réalité à la vérité du rêve."
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C.G. Jung
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jeudi 14 janvier 2016

66. BERNARD WERBER : Le sixième sommeil

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Bernard Werber fait indéniablement partie 
des auteurs français les plus appréciés dans l’hexagone, 
mais également au-delà de nos frontières. 
Auteur de séries de livres comme les célèbres Fourmis, 
il s’est également illustré avec une suite de bouquins 
traitant de la mort et de l’au-delà. 
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Avec Le Sixième Sommeil, Werber délaisse la mort 
pour s’intéresser à un sujet tout aussi passionnant : 
celui du sommeil et du monde des rêves.
Le livre nous fait suivre les aventures d’un homme
– ou plutôt d’une famille – 
fasciné par l’étude du sommeil, 
qui tente par tous les moyens de comprendre 
et d’atteindre le sixième sommeil, 
celui qui permet d’influer directement sur son inconscient, 
et bien plus encore. 
Tel un explorateur, Jacques Klein va suivre les traces de sa mère 
et parcourir le monde pour en apprendre toujours plus 
sur le monde des rêves. 
Werber nous fait alors découvrir la tribu Senoï, 
aujourd’hui disparue, 
qui vouait un véritable culte au sommeil et aux rêves. 
Comme à son habitude, l’auteur parvient à mixer de belle manière 
roman et propos un peu plus scientifiques, 
intrigues et réflexions sur le monde, 
l’Humain et la conscience collective.
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66. CITATIONS CHOISIES

- Ecoutez -moi bien. Nous passons un tiers de notre vie à dormir. 
Un tiers. Et un douzième à rêver. 
Pourtant, la plupart des gens s'en désintéressent ; 
Le temps de sommeil n'est perçu 
que comme un temps de récupération. 
Les rêves sont presque systématiquement oubliés dès le réveil. 
Pour moi, ce qui se passe toutes les nuits sous les draps de chacun 
est de l'ordre du mystère. 
Le monde du sommeil est un nouveau continent à explorer, 
un monde parallèle rempli de trésors 
qui méritent d'être exhumés et exploités. 
Un jour, à l'école, on enseignera aux enfants à bien dormir. 
Un jour, à l'université, on apprendra aux étudiants à rêver. 
Un jour, les songes deviendront des oeuvres d'art 
visibles par tous sur grand écran. 
Dès lors, ce tiers de vie qu'on considérait à tort comme inutile 
sera enfin rentabilisé pour décupler 
toutes nos possibilités physiques et psychiques. 
Et si j'arrive à le réaliser, mon "projet secret" 
devrait ouvrir une voie encore plus extraordinaire 
dans le monde du sommeil, 
une voie qui pourrait vraiment tout changer.
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Bernard Werber
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mercredi 30 décembre 2015

65. DENIS MARQUET : La planète des fous


Voici un livre étonnant, déroutant...et profond.
Un livre qui ne ressemble à aucun autre.


C'est l'histoire de la plus extraordinaire des rencontres, 
de la plus folle des passions. 
Car celui qu'elle aime n'est pas humain. 
Il vient d'une autre galaxie, et d'une autre dimension.

Chez les Subtils, comme ils se nomment eux-mêmes,
 la Terre est connue comme la planète des Fous, 
et c'est bien la folie des Humains 
que cet explorateur de haut niveau 
a reçu pour mission d'étudier. 
Mais l'amour va l'entraîner beaucoup plus loin 
qu'il n'aurait pu l'imaginer...

Roman d'amour, roman initiatique,
 mais aussi satire à l'ironie mordante et jubilatoire,
 le livre de Denis Marquet, 
auteur du prémonitoire Colère, 
nous invite à observer notre propre condition 
d'un point de vue neuf et salutaire. 
Cette prodigieuse odyssée dans les ténèbres de l'humain 
éclaire d'une lumière inconnue le sens de notre aventure ici-bas.
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65. CITATIONS CHOISIES

- Où se trouve ta planète ?
- Très loin. Mais tout près
- ...
-Immensément loin du point de vue de ton univers matériel. Mais dans l'espace subtil, tout est proche de tout. Néanmoins, ta planète est d'un accès difficile pour nous.
- Pourquoi ?
- Pour des raisons qualitatives. la vibration de la Terre est incroyablement basse. Pour nous y accorder, il est nécessaire d'opérer une ...chute intime.
- Je ne comprends pas.
- Dans la joie, tu t'élèves, n'est-ce pas ? Et dans la dépression, tu t'abaisses...Pour nous rendre, sur ton plan, il nous faut...nous déprimer volontairement.

-Connaissez-vous la vie et la mort ?
- Nous mourons et nous naissons sans cesse, puisque notre délice est la métamorphose. Mais pour vous, n'est-ce pas, la naissance est un tout-début.Et la mort une toute-fin...Nous ignorons cela. Nous sommes et nous changeons.
- Vous avez bien commencé un jour ?
- Je finis et je commence à chaque instant.
- Mais un Grand Commencement ! Le tout premier. Tu n'étais pas, et puis tu es!
- Je n'en ai pas le souvenir. L'Oubli nous délivre continuellement de la charge du passé, pour garder notre espace ouvert à de nouvelles métamorphoses.
- Tu ne te poses pas la question, de ton origine ?
- J'ai ma source dans le Mystère des Mystères. Et de cette source, je ne cesse de jaillir.
- Depuis toujours ?
- Je ne sais pas.

- Comment la vie est-elle organisée, sur ta planète ?
- Elle n'est pas organisée.
- Tu m'as pourtant parlé d'une forme de hiérarchie...
- Elle est précisément là pour veiller à ce qu'aucune organisation n'apparaisse.
- Pour quelle raison ?
- Pour éviter qu'à la spontanéité vivante de l'ajustement créateur ne se substituent la cristallisation-routine et la manie-ritournelle.
- Je ne comprends pas.
Je cherchai dans ses réserves-mémoire une image susceptible de lui faire comprendre ma pensée.
- Pourrais-tu être artiste et fonctionnaire ?
Le fonctionnaire symbolise dans l'organigramme humain le Maître des répétitions, le Prince des procédures et le principal garant de l'ordonnancement communo-culturel.
- Je ne crois pas.
- Nous, Subtils, sommes en quelque sorte des artistes.
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Denis Marquet
"La planète des fous"

dimanche 25 octobre 2015

64. KEN WILBER : Grâce et courage

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Grâce et Courage est le récit émouvant de l’histoire d’amour 
entre le philosophe Ken Wilber et sa femme Treya Killam Wilber 
depuis leur rencontre jusqu’à la mort de Treya, 
cinq ans plus tard, des suites d’un cancer du sein.

 C’est un livre à « deux voix » où s’entremêlent 
des pages du journal intime
que Treya a tenu durant ces années-là, 
et les réflexions de Ken Wilber, 
nourries par son immense connaissance 
des traditions spirituelles. 
Grâce et Courage sublime plusieurs genres : 
un témoignage face au cancer, une histoire d’amour 
et une méditation sur la maladie et la mort 
en tant que voie de développement spirituel.
Ken Wilber, philosophe américain le plus traduit dans le monde, 
est considéré par beaucoup comme le penseur et mystique 
le plus original de notre époque.
 Grâce et Courage, traduit dans 17 langues,
 l’a fait connaître du grand public aux États-Unis. 

Un livre rare. 
Une histoire d’amour qui donne vie à la philosophie pérenne
 à travers toute l’angoisse et l’exaltation de la condition humaine. 
L’honnêteté de Treya Killam Wilber, son énergie et sa compassion 
percent à travers chaque page de son journal, 
merveilleusement tissé au récit de Ken Wilber, 
pour faire de Grâce et Courage 
une authentique expérience de la relation sacrée. 
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Joan Borysenko, 
auteur de Ce n’est pas la fin du monde
...
Voici un livre extraordinaire 
– à la fois “love story”, drame médical, quête spirituelle,
 et contemplation philosophique et psychologique. 
William Metzger, The Quest Pour ceux qui n’ont jamais lu Ken Wilber, 
Grâce et Courage est de loin la meilleure introduction à sa pensée, 
car il s’y présente pour la première fois en tant qu’individu 
et pose tous les principes de ses précédents livres 
dans un contexte humain.
.
John Wren-Lewis, University of Sydney, 
The Chesterton Review 
...
Si vous voulez voir l’expression d’une profonde spiritualité 
dans un monde plein de mauvaises surprises, 
procurez vous le livre 
et préparez vous à une chevauchée de montagnes russes 
qui vous laissera le souffle coupé… 
et plein d’un espoir plus grand que la vie.
.
John S. Niendorff,
 Science of Mind
.

Vous trouverez une émouvante vidéo 
concernant ce livre ICI,
(elle est en anglais) 
...je n'ai malheureusement pas réussi
à l'intégrer à cet article...
.

Celle que je propose ci-dessous est en français, 
c'est une introduction à la théorie intégrale de Wilber :




64. CITATIONS CHOISIES



A ce jour, j’ai reçu près d’un millier de lettres du monde entier 
dont une grande partie me disent à quel point l’histoire de Treya 
avait été éloquente pour eux et combien elle avait changé leur vie... 
L’histoire de Treya est l’histoire de nous tous. 
On peut se dire que Treya avait tout : intelligence, beauté, charme, intégrité, 
un mariage heureux, une famille formidable. 
Pourtant, comme chacun de nous, elle connaissait le doute, l’insécurité, 
l’autocritique et les incertitudes quant à sa valeur et à son but dans la vie… 
sans parler d’une bataille violente avec une maladie mortelle. 
Mais Treya s’est battu vaillamment avec toutes ces ombres… 
et elle a gagné, dans tous les sens du terme. 
L’histoire de Treya nous parle à tous, 
car elle a affronté ces cauchemars 
avec courage, dignité et grâce.

Et elle nous a laissé ses journaux intimes, 
qui nous racontent exactement comment elle a accompli cela. 
Comment elle utilisa la pleine conscience méditative pour supporter la douleur 
et ainsi dissiper son emprise sur elle. 
Comment, au lieu de se renfermer et de se laisser envahir 
par l’amertume et la colère, 
elle accueillit le monde dans son cœur avec tendresse et amour. 
Comment elle fit face au cancer avec une « équanimité passionnée ». 
Comment elle se débarrassa de tout apitoiement sur son sort 
et choisit de continuer dans la joie. 
Comment elle se libéra de la peur, non pas en la chassant, 
mais en l’accueillant tout entière, immédiatement, 
même lorsqu’il devint évident qu’elle allait bientôt mourir : 
« Je vais prendre la peur et l’amener dans mon cœur. 
Pour rencontrer la douleur et la peur avec ouverture, 
pour les étreindre et leur permettre d’exister. 
Prendre conscience de cela invite un regard émerveillé sur la vie.
 Qui réjouit mon cœur et nourrit mon âme.
 Je ressens une telle joie. 
Je n’essaye pas de “battre” ma maladie ; 
je me laisse être en elle, je lui pardonne. 
Je vais continuer, sans colère ni amertume, 
mais avec détermination et joie. »

Et c’est ce qu’elle a fait, en accueillant à la fois la vie et la mort 
avec une détermination et une joie qui l’emportèrent sur leurs fastidieuses terreurs. 
Si Treya a pu le faire, nous pouvons le faire : 
c’est le message de ce livre, et c’est pour me dire cela que les gens m’écrivent. 
Comment son histoire les a amenés à se souvenir de ce qui compte vraiment. 
Comment sa tentative d’équilibrer en elle le masculin/le faire et le féminin/l’être 
les interpelle dans leurs aspirations les plus profondes dans le monde d’aujourd’hui. 
Comment son remarquable courage les a inspirés 
— des hommes comme des femmes — 
à avancer avec leur propre souffrance insupportable. 
Comment son exemple les a aidés à surmonter les heures sombres 
de leurs propres cauchemars. 
Comment l’“équanimité passionnée” les a installés directement dans l’Être. 
Et pourquoi tous ont compris que ce livre, en dernière lecture, 
a une fin profondément heureuse.

(De nombreuses personnes qui m’écrivent sont des personnes de soutien, 
des proches de malades, ceux qui souffrent doublement : 
de voir un être aimé souffrir, 
et de ne pas se sentir autorisé à avoir leurs propres problèmes. 
Grâce et Courage parle aussi pour eux j’espère.)

Treya et moi avons été ensemble pendant cinq ans. 
Ces années sont gravées dans mon âme. 
Je crois sincèrement avoir tenu ma promesse, 
et je crois sincèrement que je le dois à sa grâce. 
Et je crois que chacun d’entre nous peut rencontrer Treya à nouveau, 
à chaque fois que nous le souhaitons, 
en agissant avec honnêteté, intégrité, et courage - 
car c’est là que demeurent le cœur et l’âme de Treya. 
Si Treya à pu le faire, nous pouvons le faire. 
C’est le message de Grâce et Courage.
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Ken Wilber



jeudi 8 octobre 2015

63. PATRICK DROUOT : Le chaman, le physicien et le mystique




Les très nombreux voyages autour du globe
de cet auteur, physicien de formation,
lui ont permis d'envisager l'épanouissement spirituel 
sous divers angles et notamment sous l'angle du chamanisme...

Patrick Drouot nous fait découvrir ici de façon claire les liens 
qui unissent les savoirs traditionnels ancestraux,
 communs à bien des civilisations
pourtant éloignées géographiquement, 
aux sciences contemporaines les plus pointues
(physique quantique ...entre autre ) 
ainsi qu' aux conceptions mystiques traditionnelles. 

Si votre vie ne se cantonne pas uniquement
aux enseignements-conditionnements 
que vous avez reçus depuis votre enfance, 
mais que votre coeur et votre esprit
cherche et perçoit "autre chose",
 lisez ce livre, il est pour vous et  vous permettra peut-être
la découverte d'autres lectures enrichissantes.
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(conférence en français, sauf les premières minutes)

Dans cette vidéo, Patrick Drouot parle
d'un autre de ses livres (le dernier) :
"La révolution de la pensée intégrale"